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SANTÉ • COMPRENDRE LES INDICATEURS

IMC, IRC : ce que les chiffres disent de notre corps

Comprendre les repères médicaux sans réduire son corps à un chiffre.

Un poids, une taille, un tour de taille… Quelques mesures suffisent pour calculer des indicateurs. Mais suffisent-elles pour dire si nous sommes en bonne santé ? Pour Trajectens, comprendre un chiffre commence par comprendre ce qu’il mesure et les décisions qu’il peut éclairer.

Le mot « norme » peut inquiéter. Être dans la norme rassure ; en sortir donne parfois le sentiment d’avoir un corps qu’il faudrait corriger. Pourtant, un seuil médical sert à repérer un risque et à orienter une évaluation. Il ne définit ni une silhouette idéale ni la valeur d’une personne.

L’IMC : un premier repère

L’indice de masse corporelle se calcule en divisant le poids en kilogrammes par la taille en mètres au carré. Pour un adulte, les catégories habituellement utilisées sont les suivantes :

Repères d’IMC chez l’adulte, en kg/m²
IMCCatégorie
Moins de 18,5Insuffisance pondérale
De 18,5 à moins de 25Corpulence dite normale
De 25 à moins de 30Surpoids
De 30 à moins de 35Obésité de classe I
De 35 à moins de 40Obésité de classe II
40 et plusObésité de classe III

Ces repères facilitent le dépistage. Mais l’IMC ne distingue pas les muscles de la graisse et ne renseigne pas sur sa répartition. Deux personnes ayant le même IMC peuvent donc présenter des situations différentes. L’âge, la morphologie et le contexte médical comptent dans l’interprétation. Ces seuils adultes ne s’appliquent pas tels quels aux enfants. [1, 2]

L’IRC : regarder aussi la répartition corporelle

L’indice de rondeur corporelle (IRC), appelé Body Roundness Index (BRI) en anglais, repose sur la taille et le tour de taille. Il cherche à mieux représenter la forme du corps et l’adiposité abdominale, sans mesurer directement la graisse autour des organes.

Une étude publiée en 2024 dans JAMA Network Open, portant sur près de 33 000 adultes américains, a observé une association entre l’IRC et la mortalité, avec un risque plus élevé aux deux extrêmes.

Cela en fait un indicateur intéressant pour la recherche. Cela ne permet pas de prédire le devenir d’une personne. L’étude souligne aussi l’absence de plage de référence établie et la nécessité de validations complémentaires : ses catégories statistiques ne doivent pas devenir des « normes idéales » à atteindre. [3]

Le tour de taille, un complément accessible

En pratique, le tour de taille complète déjà utilement l’IMC. L’Assurance maladie retient un tour de taille élevé à partir de 80 cm chez la femme et de 94 cm chez l’homme. Ces repères doivent être interprétés dans le contexte de la personne.

La mesure s’effectue debout, sur la peau, à la fin d’une expiration normale, avec un ruban horizontal placé entre la dernière côte et le haut du bassin. La régularité de la méthode permet de mieux suivre une évolution. [1]

Passer du classement à une décision utile

Que faire de ces informations ? Les rapprocher de ce qui compte dans la vie réelle : tension artérielle, bilan biologique, essoufflement, douleurs, mobilité, bien-être et maladies éventuelles.

Les objectifs de soins se construisent avec un professionnel, selon cette situation d’ensemble. Stabiliser son poids, améliorer sa capacité à bouger ou réduire son tour de taille peuvent constituer des objectifs pertinents. Une perte de poids systématique ou rapide n’est pas une réponse universelle. [4]

L’approche Trajectens : comprendre le repère, examiner le contexte, choisir une prochaine étape réaliste.

Un indicateur devient utile lorsqu’il aide à prendre soin de soi, sans transformer son corps en note à améliorer.

Sources

  1. Assurance maladie — Calcul d’IMC, tour de taille et bilan médical.
  2. Haute Autorité de santé — Guide du parcours de soins : surpoids et obésité de l’adulte (mise à jour 2024).
  3. Zhang et al. — Body Roundness Index and All-Cause Mortality Among US Adults, JAMA Network Open, 2024.
  4. Assurance maladie — Se préparer à perdre du poids.
Information santé : cet article fournit des repères généraux. L’interprétation individuelle de ces mesures relève d’un professionnel de santé.

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